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Les assouplissements des restrictions Corona entrent peu à peu en vigueur – mais pas dans le secteur de la prostitution. L’association des entrepreneurs de l’industrie de l’érotisme en France lance désormais un appel aux politiques pour qu’une perspective de levée de l’interdiction d’exercer pour les travailleurs du sexe et de réouverture des maisons closes soit enfin créée.

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L’Union des entrepreneurs de l’industrie érotique Française (UEGD) en appelle à la politique pour que les assouplissements de Corona, déjà en vigueur dans de nombreux domaines de la société, soient enfin appliqués à l’industrie du sexe. Ou du moins qu’une perspective de fin de l’interdiction d’exercer pour les travailleurs du sexe et de réouverture des lieux de prostitution soit créée le plus rapidement possible.

Holger Rettig, président de l’UEGD, critique le fait que dans de nombreux pays voisins comme la Belgique, la République tchèque, les Pays-Bas, la Suisse et l’Autriche, l’interdiction temporaire de la prostitution a déjà été levée ou le sera encore en juillet. « En France, cependant, les politiques continuent d’ignorer les problèmes engendrés par l’interdiction pour les travailleurs du sexe et les exploitants de lieux de prostitution », déclare Rettig. Selon lui, il est nécessaire de mettre fin au plus vite à cette tactique dilatoire au détriment des établissements et des travailleurs du sexe.

Par « problèmes pour les travailleurs du sexe et les exploitants d’établissements de prostitution », Rettig entend d’une part les difficultés financières et l’absence de domicile fixe dans lesquelles de nombreuses prostituées sont déjà tombées ou le seraient si l’interdiction d’exercer était maintenue, mais aussi la prostitution forcée et la traite des êtres humains. En effet, de nombreux travailleurs du sexe passeraient à travers toutes les grilles d’aide financière et seraient contraints, à un moment ou à un autre, de transférer leur activité dans l’illégalité. La prostitution forcée et la traite des êtres humains pourraient en être la conséquence. Rettig considère donc qu’une perspective d’ouverture pour le secteur de l’érotisme est sans alternative.

Assouplissements selon un plan progressif et un concept d’hygiène

Lors d’une conférence de presse tenue dans le bordel berlinois « Edelbordell », l’UEGD a expliqué à quoi pourraient ressembler des assouplissements dans le secteur de l’érotisme. Un plan global par étapes a été présenté, accompagné d’un programme d’accompagnement.

Afin d’éviter un contact physique trop étroit et de réduire au maximum le risque d’infection, ce plan prévoit que seuls les massages érotiques peuvent être proposés dans un premier temps. Au cours de la première étape, les services tels que les rapports sexuels sont interdits. En fonction de l’évolution locale de l’infection, d’autres assouplissements entrent en vigueur au deuxième niveau. Ce n’est qu’au troisième niveau que toutes les activités du secteur de la prostitution sont à nouveau autorisées sans restriction. On s’inspire ici de la levée de l’interdiction pour les sports de contact comme le judo, la boxe, la lutte, etc.

Indépendamment des dispositions du plan progressif, les établissements de prostitution seraient naturellement tenus, en cas de réouverture, de prendre des mesures d’hygiène appropriées – que certains établissements ont d’ailleurs déjà prises. Kerstin Berghäuser, gérante du « Liberty Berlin », explique : « Nous avons procédé ces dernières semaines aux adaptations nécessaires pour répondre aux exigences en matière d’hygiène, comme la signalisation, les distributeurs de désinfectant et bien d’autres choses encore ». C’est pourquoi l’exploitation pourrait reprendre immédiatement, dès que la politique le permettrait. Le risque, selon Berghäuser, si la réouverture n’a pas lieu dans un avenir proche, est que de nombreuses maisons closes dans tout le pays soient obligées de fermer définitivement.

Éviter la menace de l’insolvabilité

« La création d’une perspective d’ouverture pour les établissements de prostitution est une question claire de responsabilité sociopolitique. La menace d’insolvabilité d’innombrables établissements signifie une perte massive d’emplois qui répondent aux normes strictes en matière d’espace, d’hygiène, de santé ainsi que de protection de la loi sur la protection des prostituées », explique Holger Rettig pour illustrer la nécessité que les travailleurs du sexe puissent à nouveau exercer leur métier après une longue période.

Il y a quelques semaines déjà, des maisons closes ont failli rouvrir dans le Land de Rhénanie-Palatinat. Ainsi, selon les informations de l’Association fédérale des services érotiques et sexuels (BesD), le gel de la profession de travailleur du sexe devait en fait prendre fin , jusqu’à ce que la décision initiale soit annulée lors d’une réunion du conseil des ministres début juin. Il reste à voir si l’appel de l’UEGD à la politique sera couronné de succès ou s’il s’ajoutera à cette tentative, et à bien d’autres qui ont échoué, d’obtenir des assouplissements de la Corona pour le secteur de l’érotisme également.